Gambie: un an après le départ de Jammeh où en sont les droits de l’homme?

Il y a un an, le 21 janvier au soir, Yahya Jammeh s’engouffrait dans un avion à Banjul, saluant une dernière fois ses supporters en pleurs. Après avoir dans un premier temps accepté sa défaite à l’élection présidentielle, l’ancien dictateur avait fait volte-face, et ce n’est qu’après de longues tractations diplomatiques qu’il partira en exil en Guinée Equatoriale. Un an plus tard, le pays respire à nouveau et retrouve des libertés oubliées pendant 22 ans. Mais les organisations et les militants des droits de l’homme ne comptent pas se reposer : il y a encore un long chemin à parcourir avant d’arriver à une situation satisfaisante selon eux.
Sur le plan des libertés, aucun doute, il y a eu d’énormes changements selon l’activiste Madi Jobarteh. Mais si un nouveau Yahya Jammeh revenait au pouvoir, il trouverait les mêmes lois qui ont permis à l’ancien leader d’établir un régime autoritaire.

« Ce qui a changé ce sont les arrestations arbitraires, les exécutions sommaires ou les disparitions forcées il n’y en a plus. Mais un an après, toutes les lois qui portent atteinte aux droits de l’homme sont intactes », souligne l’activiste.

Pour Gaye Sowe, le directeur de l’Institut pour les droits de l’homme et le développement en Afrique (IHRDA), la liberté de manifester n’a pas été suffisamment protégée au cours de cette dernière année. Plusieurs rassemblements ont été interdits par le chef de la police.

« On a beaucoup avancé, mais est-ce toutes les promesses ont été respectées ? Si un groupe veut organiser une manifestation pacifique, un seul individu ne devrait pas avoir le pouvoir de l’en empêcher », estime Gaye Sowe.

Du côté de la justice, la vigilance est aussi de mise. Même les anciens proches de Yahya Jammeh doivent voir leurs droits de la défense respectés, selon Alioune Tine, le directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest.

« Les gens ne disposent pas aujourd’hui des outils légaux pour pouvoir juger certaines personnes. C’est le cas par exemple de policiers de la NIA détenus depuis janvier dernier. Plus c’est long, plus ça pose des problèmes aussi. Donc il y a pas mal de problèmes de moyens pour la justice qui sont de véritables défis », explique l’ONG.

Un collectif d’organisations s’est d’ailleurs regroupé autour du slogan « La Gambie que l’on veut », pour continuer à faire progresser les droits de l’homme dans le pays.

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